Sébastien JAPRISOT – « Compartiment tueurs »

Sebastien JAPRISOT

 

Un compartiment dans un train de nuit, six couchettes, six personnes (à moins que ce soit cinq). Des bruissements, chuchotements, une dispute puis un crime. Une dame. Morte. Voilà la trame de départ de ce roman de 1962. Un livre en noir et blanc, tout comme l’adaptation fort talentueuse de l’immense COSTA-GAVRAS. L’intrigue de ce roman est assez complexe, se disperse. Des morts il y en aura, et pourtant ce n’est pas tout à fait un polar. Les personnages sont nombreux, se croisent, se parlent, pas toujours. Certains meurent. Pourquoi ? JAPRISOT brouille les pistes à loisir. Si on a le sentiment de bien suivre la trame dans la première partie, on perd le fil d’Ariane à la longue, jusqu’à se demander si l’on n’a pas malencontreusement glissé dans un autre livre sans l’autorisation de l’auteur. L’atmosphère impeccable est très Simenonienne, mais le style plus détaché, plus pince-sans-rire, rappelant par instants des auteurs et la ligne éditoriale des superbes ÉDITIONS DE MINUIT. Un meurtre c’est bien beau me direz-vous, mais quel est le mobile ? Pas sûr d’avoir bien négocié cette partie du roman, il n’empêche : ce bouquin est un bon cru, peut-être à relire pour éventuellement lever une partie d’un voile recouvrant plusieurs questionnements. Peut-être aussi se retaper le COSTA-GAVRAS malgré cette allure absconse et débraillée (mais quels acteurs sublimes !). Quant au roman il est court, je rajouterai que ce n’est pas lui qui est confus mais mon mince cerveau qui est incapable de défaire les nœuds de l’intrigue. Ce doit être cela que l’on appelle se faire des nœuds au cerveau.

 

(Warren BISMUTH)

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