Philippe CLAUDEL – « Inhumaines » – 2017

 

Contrairement à ce que certaines présentations le laissent suggérer, ce n’est pas d’un recueil de nouvelles mais bien d’un roman (court) dont il s’agit, et même si la plupart des chapitres, représentant chacun une anecdote de la vie du narrateur, peuvent se lire de manière indépendante. CLAUDEL semble avoir choisi la facilité pour ce nouveau livre : présenter les pires facettes de l’humain dans son quotidien. Ainsi nous allons être témoins de tas de situations absurdes, grotesques, où l’horreur de la nature humaine est menée jusqu’au paroxysme, notamment en matière de perversion sexuelle (même si sur ce point on peut objecter que le narrateur, ou l’auteur, manque cruellement d’imagination). Oui, exercice facile car il paraît toujours aisé d’extrapoler à qui mieux-mieux jusqu’au bout du soutenable. Aussi, on ne parlera pas de chef d’oeuvre pour les idées dispersées dans ce roman. Mais pourtant on rit, car l’intérêt est son humour très noir : rire de l’indicible. Alors on se laisse aller, on sourit de la mort, de la torture, entre autres, un poil Desprogien, mais un peu plus bon chic bon genre et surtout moins étoffé. Bon, soyons honnêtes, nous ne sommes pas en face d’un grand cru, l’exercice de style prenant beaucoup (trop ?) de place : phrases très courtes qui peuvent finir par agacer voire lasser, points d’interrogation absents qui font un peu moderne (mais n’apportent pas grand-chose). On doit pouvoir rendre digérable le contenu en ne s’en s’autorisant qu’une petite lichée chaque jour. Le boire d’un trait entraînerait sans doute de violents maux de ventre. 500 pages de cet acabit eurent été malséantes.

 

(Warren Bismuth)

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