Michèle LESBRE – « Chère brigande – Lettre à Marion DU FAOUËT » – 2017

 

Très court bouquin, pas un roman, pas une nouvelle, plutôt un récit. L’auteure dit « une lettre ». Le préambule me touche forcément, puisqu’on peut lire cette référence sur une page pleine « Seuls sont les indomptés – Edward ABBEY ». Michèle LESBRE prend prétexte d’une femme mystérieuse qu’elle croise de temps en temps (une S.D.F. ?) pour exhumer la vie de Marion DU FAOUËT, bretonne et voleuse de grands chemins du XVIIIème siècle. On ne sait pas grand-chose de sa vie, sinon que très tôt elle est partie piller, voler, chouraver, a pour se faire monter une bande d’intrépides. Elle finira sur le gibet à 38 ans, en 1755. Avant cela, elle aura vécu une vie pleine, en dehors de toute considération sociétale, aura été pincée, jugée, condamnée. Elle aura redistribué des biens aux plus pauvres, sera tombée amoureuse, son chéri aura été pendu. Insérés dans cette biographie expresse, des points historiques, des personnages plus connus que la frêle Marion, mais aussi des bribes de la propre vie de l’auteure, son militantisme (notamment contre la guerre d’Algérie) dans une langue splendide. Un bouquin qui se lit très vite, en moins d’une soirée, qui nous rend cette Marion plutôt sympathique avec certains accents féministes. Une femme libre qui a vécu dangereusement pour mourir presque banalement, quand on voit le sort qui était réservé à celles et ceux qui contrevenaient à la loi, stricte et outrancière. Paru en 2017 aux superbes Éditions SABINE WESPIESER, un bon moyen de remonter le temps en apprenant.

 

(Warren Bismuth)

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