Manuel BENGUIGUI – « Un collectionneur allemand » – 2016

 

Ce bouquin, c’est le parcours d’un certain Ludwig. A t-il existé ? On le suppose. Toujours est-il qu’il a participé à la première guerre mondiale en tant que soldat allemand, puis à la seconde, sans montrer un enthousiasme débordant pour les deux boucheries. Ludwig est ce genre de rêveur qui s’extasie pendant des heures sur une toile, un féru d’art, de peinture surtout. Un féru et un connaisseur. Alors lorsque Hermann GOERING devient chef suprême de l’économie de guerre et profite de son statut pour chiper des centaines de toiles aux pays occupés par l’Allemagne nazie, le flair de Ludwig se met en route. On a là une biographie sommaire de GOERING, son goût (et sa méconnaissance) pour la peinture. Parallèlement la vie de Ludwig, assez peu fanatisé pour les belligérants, bascule avec la rencontre de Lucette, une française. Une ennemie donc. Par conséquent une tête qui doit tomber. C’est avec Lucette que Ludwig émet le plan de « libérer » des peintures volées par le Reich souvent sur ordre de GOERING, en les dérobant à leur tour, dans un but philanthropique. La toile de fond du roman est bien sûr la seconde guerre mondiale, avec l’avancée puis les déboires de l’Allemagne nazie, ça coince en Russie, ça se déchire un peu partout. La défaite est proche, c’est acté depuis 1943, même s’il faudra encore patienter. Pour Ludwig, intérieurement il s’agit d’une victoire. Un roman qui se lit aisément, ni trop complexe ni trop long, comme une parenthèse délicate dans la vie d’un lecteur. Sorti fin 2016 chez MERCURE DE FRANCE.

 

(Warren Bismuth)

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