Jacques JOSSE – « Cloués au port »

 

La Bretagne, ses bars de marins (« Chez Pedro »), ses caractères taciturnes, ses vents (on me dit que dans ce bouquin il a cessé de souffler pour laisser place à un soleil de plomb), ses breuvages, ses alcooliques, ses églises, ses cimetières. Oui, mais conté par Jacques JOSSE, donc d’un coup ça prend une ampleur autre, on accompagne le Capitaine, personnage principal du livre, dans sa quête, entre nostalgie, mélancolie, isolement et canicule (ça aide à se désaltérer). Il paierait cher pour revoir les morts du temps de leur splendeur, ceux avec lesquels il a fait un bout de chemin, il y a plus ou moins longtemps. La mort, omniprésente dans ce très court roman, à moins que ce ne soit un récit. Jacques JOSSE fait parler les morts sans qu’il y ait intention fantastique. Entre poésie, humour, émotion, l’auteur nous pousse vers sa Bretagne, vers son cimetière. Ah mais les vivants bougent aussi, parlent (peu), boivent (beaucoup). Ambiance intimiste, on parle de bateaux, de tempêtes, de marins disparus, noyés, mais on reste à quai, on regarde l’horizon s’étirer pendant que le Capitaine nous cause de littérature marine, de CONRAD, de MELVILLE. On reprend un verre avec beaucoup de glaçons, la chaleur est intense à l’extérieur, mais l’écriture nous prévient des coups de soleil, on se contente des coups de cœur et c’est déjà beaucoup. Paru en 2010 aux Editions QUIDAM, un vrai bol d’air.

 

(Warren Bismuth)

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