Colin NIEL -« Seules les bêtes » 2017

 

Dans une France rurale, vallonnée, sournoise et renfermée, une femme a disparu. Disparue ou morte ? La réponse ne se trouve pas du côté de la gendarmerie, bredouille, mais bien des habitants. Dès que la neige aura fondu, il y a des chances pour que l’on tombe sur le cadavre. D’ailleurs, est-on pressé d’apprendre ce qu’il est advenu ? Cette Evelyne n’est après tout qu’une pièce rapportée, elle n’est pas une native du coin. Alice est l’assistante sociale qui tient compagnie aux agriculteurs en difficulté ou trop isolés. Elle a fait une connerie : elle est tombée amoureuse de Joseph, un solitaire bourru qui n’est peut-être pas innocent dans la disparition d’Evelyne. Tour à tour, d’autres habitants du village vont venir parler, raconter LEUR histoire. Car dans ce roman choral où les narrateurs se font suite, le lecteur va de surprise en surprise. Thriller psychologique très sombre, mais aussi conditions des agriculteurs du XXIème siècle avec le lot de suicides, de mal vivre, de détresse, de folie engendrée par la solitude. Le décor ? Les Causses, le vent, les fermes plus ou moins rénovées, les jeunes pour la plupart partis, la neige restée, le froid qui pénètre par tous les pores et qui rend encore plus glacial ce polar diablement efficace où l’âme des acteurs est scrutée avec minutie. Excellente découverte sortie en 2017 au ROUERGUE NOIR.

 

(Warren Bismuth)

Publicités