Entretien avec Coxs (Motor Books & Psycho Zines) et Manu (la Distro Mobile)

      

 

L’intérêt que les membres de l’Hirsute ont pour les fanzines n’est pas un secret, alors après s’être intéressé de prêt à « la Fanzinothèque », quoi de plus logique que de s’entretenir avec Manu de « La Distro Mobile » et avec Coxs de « Motor Books & Psycho Zines ». Tous deux, dealers de fanzines ! L’Hirsute remercie Coxs et Manu de s’être prêtés au jeu de l’interview croisée.

 

       

 

1-Mais   qui   se   cache   derrière   «   La   Distro   Mobile   »   et   «   Motor   Books   &   Psycho   Zines   »   ?   Quelles   sont   vos   activités ? 

Coxs : Derrière « Motor Books & Psycho Zines » se cache Coxs et derrière la « Distro Mobile », sa petite sœur de distro, se cache Manu !  D’ailleurs on ne se cache pas vu que nous tenons des distros pendant les concerts, nous sommes à la vue de tous hihi !

Manu : Salut ! je m’appelle Manu et je vis à Rennes.

 

2- Comment  en  êtes-vous  arrivé  à  la  distribution  DIY ?   Qu’est-ce  qui  vous  en  a donné l’envie et l’énergie ?  

Coxs : Bah déjà le fait de baigner dans cet univers, d’être entouré de potes activistes  et de faire un certain constat, on n’est pas nombreux  à proposer des choses que tu ne vas pas forcement trouver en boutique, alors pourquoi pas nous, et un jour je me suis dit « Let’s go », je fais ma distro ! C’était au début du siècle, ça commence à faire un moment mais je n’ai pas vu le temps passer !

Manu : J’ai constaté qu’il y avait peu d’endroits qui diffusaient des fanzines sur Rennes que ce soit dans les concerts, les disquaires ou librairies .J ’ai voulu combler ce manque en créant un kiosque ambulant.

 

La Distro Mobile (à gauche) et Motor Books et Psycho Zines (à droite)

 

3- Pourquoi  plus  particulièrement  les  fanzines ? 

Coxs : Au départ pour moi, les fanzines faisaient partis d’un « grand tout », l’idée était de mélanger le son, la lecture et le visuel … Au bout d’un moment, j’ai fait ce constat, qu’il n’y avait pas beaucoup de fanzines proposés sur les stands et c’est là que je me suis dit, bah on va se spécialiser dans le zine. J’aimais beaucoup proposer des sons mais beaucoup de distros le faisait déjà. Et j’ai toujours  aimé les fanzines qui font partie de ma culture depuis l’adolescence.

 

4- Comme  on  peut  le  découvrir  au  gré  des  «  autoportraits  libres  »  dans  le  fanzine  «  Big  Up  Girls  !  »,  lorsqu’une personne est active, elle l’est aussi dans différents domaines (photographie,   sérigraphie,   fanzine,   organisation  de  concerts,  label,  militant(e)  pour  telle  ou  telle  cause, groupes).  Est-ce  votre  cas ? 

Coxs : Oui ! Avant de commencer ma distro, je jouais de la basse dans différents groupes et j’organisais des concerts. Activités que je continue jusqu’au jour d’aujourd’hui ! D’ailleurs pour l’anecdote  « Motor Psycho » était le nom de l’asso avec laquelle on organisait des concerts garage punk avec mes potes du groupe DEFENESTRORS ! Quand j’ai cherché un nom pour ma distro, j’ai calé « Books & Zines » dans le nom et hop le tour était joué !

Et aussi j’aime tellement les fanzines que je bidouille aussi le mien, « La Bête » ! (NDLR : Le N°A est chroniqué dans ce numéro de l’Hirsute) Le deuxième numéro sortira le 4 mars à l’occasion du prochain « Bar Zines ». Les « Bar Zines », ce sont des rdv trimestriels autour du fanzinat que l’on organise avec Stéphane un pote qui fait partie aussi de « Maloka », ces rdv comme le nom l’indique se déroule dans des bars, on invite des fanzines, des distros, des gens qui animent des petits ateliers (comme initiation à la sérigraphie DIY, à la linogravure ou tetragravure…) et le soir on finit en musique avec 2 ou 3 groupes dont les membres sont aussi activistes dans le fanzinat ! D’ailleurs au deuxième « Bar Zines » on avait invité Manu qui est venu présenter la « Distro Mobile », c’était une chouette journée.

Manu : J’ai milité pas mal, fut un temps et joué dans un groupe mais suis trop laborieux.

 

    

La Distro Mobile Vide (Mais non tout est à l’intérieur) et Motor Books & Psycho Zines (Des Pirates j’vous dit!)

 

5- Quels   moyens   utilisez-vous   pour   faire   découvrir   les   fanzines,   notamment   ceux   que   vous   distribuez   (blog,   concerts,  conventions ?  Ne pas avoir de site ou de blog, c’est un choix ?

Coxs : Le premier moyen c’est de les présenter aux concerts ou lors d’évènements autour du fanzinat! Les gens peuvent les feuilleter, les découvrir directement, ce qui est à mon avis la meilleure façon de les appréhender. Sinon j’ai une page Facebook dédiée où j’annonce les concerts où je serais présente avec la distro ainsi que les nouveautés. J’ai créé cette page afin d’avoir rapidement un endroit où je puisse communiquer sur la distro mais je ne suis pas particulièrement fan de « fesse de bouc » ! J’ai en projet de faire un vrai blog mais je repousse tout le temps le moment de m’y mettre et le temps me fait aussi cruellement défaut …  Mais un jour viendra …. Hihi

Manu : J’utilise Facebook c’est mon seul lien. Comme je te disais plus haut suis trop laborieux et puis je ne prends pas mon temps pour me poser et faire un blog.

 

6- Vous n’hésitez pas à bouger hors de votre région ?  Où  pourra-t’ont vous croiser en 2017 ?   

Coxs : J’aimerais bien bouger plus de Paname mais ce n’est pas toujours évident car je ne suis pas véhiculée. Lorsque ça m’arrive, j’en profite pour squatter la voiture de potes où je peux mettre tout mon barda ! Le gros de mon activité se situe localement, je débarque avec mon caddie et mes cagettes pliantes, nettement moins classe que le présentoir de Manu !

Pour 2017 normalement je serais présente le samedi 20 et dimanche 21 mai aux Tanneries de Dijon pour leur « salon du livre libertaire et des distros DIY ». J’y étais déjà l’année dernière et j’en garde un bon souvenir et c’est l’occas’ aussi de voir tous les potos locaux !

Si vous voulez m’inviter sur un festival, salon, concert, welcome. Dans la mesure de mes disponibilités je me déplace toujours avec plaisir.

Manu : Oui j’ai bougé a Montreuil pour le « Bar Zine Two » j’attends les invites maintenant pour partir ailleurs. Pas mal à Rennes au « Cartel Loco », « Mondo Bizarro » ou à la « Bernique Hurlante ».

 

7- Acceptez-vous de distribuer toutes sortes de fanzines (graphiques, musicaux politiques,  bd…)?   De   n’importe quel pays ou bien seulement des pays francophones ?  Pourquoi  ce  choix ? 

Coxs : Je distribue toutes sortes de zines à partir du moment où ils me plaisent. Je propose des zines de musique, de cinéma, de bd, un petit peu de graphzines et de zines politiques. En ce qui concerne les graphzines, je ne prends que ceux qui ne sont pas vendus trop cher ni trop fragile. Aux concerts les gens n’ont pas forcement 20 ou 30 euros à mettre dans un zine et lorsqu’ils sont entièrement sérigraphiés et ou avec des montages  de ouf, ils s’abîment vite.

Je propose aussi des vrais livres mais venant de la microédition comme les « Ames d’Attala » de Lille, les « Editions du Sichuan » de Patrice de « New Wave » et « Hors Circuits », les livres du Prince Ringard … Mon moteur c’est le coup de cœur et l’échange avec la ou les personnes qui font le truc.

Au début, je ne proposais que des zines en français et je me suis vite rendue compte que lors de concert des membres de groupe et de l’équipe anglophone ou espagnole cherchaient de la lecture dans les bacs de zines pour la route. Depuis je me suis ouverte aux autres langues mais ils restent quand même minoritaires  par rapport aux zines en français. J’ai moins de contacts aussi avec des zines étrangers.

Sinon ce sont les zines de musique et de bd qui marchent le mieux sur la distro et bien sûr les prix libres !

Manu : Oui sauf politique pas envie, perso j’ai juste envie de proposer des choses qui font voyager. Je suis preneur de tout au niveau international. Des zines en anglais ça permet de toucher un public plus large.

 

           

 

 

8- La  « distrib » demande de l’organisation, pas mal de temps et sûrement aussi de la place. Comment vous en  sortez-vous ?   

Coxs : Comme je peux !!! J’ai la chance de vivre dans une maison avec une cave qui est très saine, du coup je peux stocker tranquillement ma distro à la cave, ce qui est un gain de place énorme ! Je suis assez bordélique, du coup c’est souvent le bazar dans le rangement. Mais quand tout est trop en pagaille, je sors et trie l’ensemble tout bien jusqu’à la prochaine fois ….

Avec le temps je commence à avoir pas mal de contacts, du coup quand un nouveau numéro que je distribue sort on me prévient directement, voir je le reçois automatiquement, comme la semaine dernière le dernier « Rotten Eggs » (NDLR : de l’ami Thierry) ! D’autres me proposent leurs zines via des potes en commun. Et j’aime beaucoup aussi partir à la découverte, fouiner que ce soit sur la toile, dans d’autres bacs de distros ou autres. Découvrir de nouveaux fanzines, de nouvelles personnes qui se cachent derrière, tout ça pour moi fait partie du truc et du plaisir que j’y prends.

Manu : Il y a beaucoup de zines et un peu partout dans l’appart au grand désarroi de ma chérie.

 

9- Avez-vous   déjà   été   contacté   par   des   médiathèques,   bibliothèques   ou   même   point   Information   jeunesse,   afin  de  faire  découvrir  le  monde  du    fanzinat  aux  néophytes  ?   

Coxs : Lors du premier « Bar Zines », 2 bibliothécaires de la médiathèque de Bagnolet m’avaient proposé une intervention autour des zines dans le cadre d’un cycle BD, je n’étais pas disponible aux dates qu’ils me proposaient. Je les avais renvoyés vers l’UDODUF (Utopie  Documentaire du Fanzine), Delphine et Yann ont une énorme collection de fanzines qu’ils présentent avec grand plaisir ainsi qu’une distro et animent aussi des ateliers autour des différentes techniques pour bricoler soi-même son fanzine. Ils gardent un bon souvenir de cette expérience.

Manu : Non jamais mais c’est une idée.

 

L’ancêtre de la Distro Mobile

 

 

10- Vous ne devez pas manquer d’anecdotes  concernant  vos  nombreuses  «  tables  de  presse  »  et  expériences   de  «  distrib’ »  lors  de  concerts  ?  Pourriez-vous  nous  conter  celle  qui  vous  a  le  plus  marqué  ?  

Coxs : Question difficile … car les bons moments il y en a nettement plus  que les mauvais !!!

Pour l’anecdote, c’était il y a deux ans, je faisais un stand au festival de Binic en Bretagne, un peu avant de partir une pote qui vivait à l’époque dans un squat pas loin de chez moi, me parle d’un pote à elle qui faisait partie d’un zine collectif en Bretagne et souhaitait me mettre en relation. Le hasard a fait qu’un autre membre de ce collectif est venu me parler à Binic pour me proposer ses zines, il s’agit du collectif « Ouest Fisting », ils viennent d’arrêter leurs productions après quelques années mais c’était une chouette rencontre, d’ailleurs avec Nico nous sommes toujours en contact et il ne manque pas de me faire signe quand il passe par Paname.

Les plus grosses « poilades », c’était au festival de « la Ferme Electrique » à Tournan en Brie dans le 77, c’est un super festival dans une ferme avec une déco d’enfer et une super programmation. J’y ai tenu un stand 2 ans de suite et à chaque fois ce fut une ambiance de dingue, je me suis vraiment marré surtout la première année et cerise sur le gâteau, les fanzines avaient beaucoup plu.

Le côté humain est très important pour moi, cela fait partie du moteur du truc. On n’est pas là pour faire du bizness mais pour faire découvrir autre chose à petit prix voir prix libre quand c’est possible !

Quand Manu est venu avec sa distro mobile au deuxième « Bar Zines », reste aussi un très bon souvenir car nous sommes des amis de longue date maintenant et je suis contente qu’il fasse aussi sa distro sur Rennes avec un super état d’esprit.

Manu : Non aucune, suis trop jeune. J’ai débuté qu’en septembre 2016.

 

11- Parmi  tous  les  fanzines  que  vous  avez  lu,  quels  sont  ceux  qui  vous  ont  le  plus  touché,  pourquoi  ?  

Coxs : Deuxième question difficile … car idem beaucoup de zines m’ont touché … S’il faut choisir, sur mes dernières lectures, je pense à « Moodiest Baby vol 1 et 2 »  de Cora où elle raconte ses 2 séjours en hôpital psychiatrique suite à des troubles bipolaires. J’ai été émue par son témoignage sincère. Ce n’est pas évident de se mettre ainsi à nu afin de parler de son expérience intime dans un cadre difficile. D’ailleurs ce n’est certainement pas un hasard, ces 2 zines sont partis très vite de la distro et j’en suis au deuxième réassort déjà épuisé !

Manu : Je suis hyper fan du boulot de Paulin qui a fait  » Plus que des mots » ou le tout dernier  » Demain les flammes » il me fait voyager à travers ses nouvelles ou reportages je conseil à tout le monde de lire son boulot.

 

12- Pas  de  question,  vous  avez  le  libre  choix  pour  «  le  mot  de  la  fin  »  !   

Coxs : Vive le fanzine papier, la libre expression orale et artistique et le DIY ! Et merci à toi (NDLR : Nous nous y sommes mis à deux pour trouver des questions difficiles, hi hi hi !) de nous avoir posé ces quelques questions, c’est toujours un plaisir de parler de ce sujet !

Manu : Merci l’Hirsute pour cette rencontre.

 

      

 

https://www.facebook.com/ladistromobile/?fref=ts

https://www.facebook.com/Motor-Books-Psycho-Zines-838203906287754/?fref=ts

 

Warren Bismuth & John Hirsute

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