Golo – « B. Traven portrait d’un anonyme célèbre » – Editions FUTUROPOLIS

 

BTraven

 

Un titre judicieusement choisi pour cette bande dessinée de Golo, puisque Bernard Traven fût publié dans plus de vingt-trois langues et ses ouvrages ont été vendus à plus de vingt-cinq millions d’exemplaires. Mais pendant longtemps le doute planait sur l’identité de cet écrivain bourlingueur aux multiples métiers et pseudonymes (Red Marut, Hal Croves, Bernard Traven, Berick Torsvan, Richard Marhut…). Les rumeurs les plus folles sont nées à propos de B. Traven, notamment qu’il était le fils naturel du Kaiser  Guillaume II et d’une cantatrice norvégienne Hélène Mareth, ou qu’il n’était autre que Adolfo Lopez Mateos (Président du Mexique de 1958 à 1964), ou bien encore que ce fût la sœur de ce même président qui écrivait sous le pseudonyme de B. Traven.  Rien de tout ceci n’était fondé, la sœur du Président était en fait la secrétaire et traductrice de B. Traven. Bernard Traven, a bien existé et se nommait Hermann Albert Otto Max Feige  né en 1882 à Schwiebus. Dans cet album Golo, nous conte des fragments de la vie de B. Traven, en débutant par 1918 avec la république des conseils de Bavière (R. A. R., les Spartakistes) à laquelle il prit part, pour finir par le décès de l’auteur en Mars 1969 au Mexique. B. Traven restera tout au long de sa vie un homme proche du peuple, des exploités, il se rapprochera de l’IWW (Industrial Workers of the World) à son arrivée au Mexique en 1924. Côté illustration, Golo, opte pour différents tons monochromes lorsqu’il nous dépeint les premiers épisodes de la vie de B. Traven. Pour la République de Bavière les tons sont rouges, pour le départ d’Allemagne jusqu’à l’embarquement en Angleterre le gris est de mise. Dés qu’il s’agit de la vie de B. Traven au Mexique les couleurs sont multiples et éclatantes comme ces planches qui couvrent des pages entières tout au long de cet album et l’illumine. Un bien bel hommage à cet homme qui pensait que : « la biographie d’un créateur n’a aucune importance. Si on ne le reconnaît pas dans son œuvre, alors c’est qu’il ne vaut rien ou que son œuvre n’a aucune valeur ».

John Hirsute

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