« Nous ne serons jamais plus les mêmes ! »

( David Donovan lors du « Pits and perverts gig»)

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31 mai 1984, des piquets de grève à « Orgreave » face à la police

Photo : Dennis Lound.

 

Quelques jours après avoir apprécié le long métrage : « Pride » de Matthew Warchus, je ne pouvais que m’intéresser de plus prêt à cette grève des mineurs du Royaume-Uni (1984-1985). Mais parler de la grève, du conflit, des violences, n’aurait pas suffit ! Il me fallait remonter le temps (1972-1974) afin de mieux comprendre l’acharnement de Margaret Thatcher et son gouvernement à vouloir détruire toute « résistance ». Il me paraissait aussi évident de mettre en valeur cette SOLIDARITÉ envers les grévistes, mise en place par les groupes « Lesbiennes et Gays en Soutien aux Mineurs » (LGSM). Sans oublier le rôle des «femmes contre les fermetures de puits » (Women against pit closures) qui s’organisèrent seules sans aucune expérience militante et se politisèrent au fur et à mesure du conflit. Ceci afin de soutenir, leurs maris, leurs ami(e)s, leurs familles, leur communauté et montrer à Margaret Thatcher qu’« On ne s’en prend pas comme ça à notre communauté, nos camarades, nos sœurs ».

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Arthur Scargirll

 

NUM et industrie Charbonnière avant 1970

L’industrie charbonnière comptait 216 000 mineurs au milieu du XIXe siècle, 800 000 en 1900, 1 100 000 en 1913 (dont 800 000 syndiqués, soit 20 % des syndiqués), avant de redescendre à 700 000 en 1940, 280 000 entre 1972, un peu plus de 200 000 en 1984-1985 (moins de 3 % des syndiqués), jusqu’à la dégringolade après la défaite de 1985 : on compte aujourd’hui environ 5 000 mineurs. Dès le XIXe siècle, les mineurs constituent l’avant-garde du mouvement ouvrier. En 1944, la réorganisation du syndicalisme minier donnera naissance à un syndicat unique, le NUM (National Union of Mineworkers), fédérant 19 unions régionales. Dés le départ, le NUM est divisé entre une « droite » liée à la direction du parti travailliste et une « gauche » dirigée par des réformistes du Labour et du parti communiste. Dans les statuts du NUM, à cette époque, une clause indique qu’une grève nationale ne peut être lancée que si les deux tiers des adhérents la votent lors d’un scrutin interne national. Le secteur charbonnier est nationalisé sous le gouvernement travailliste en 1947 : avec la création du NCB (National Coal Board). En 1964, le retour au pouvoir des travaillistes (Wilson) ne se démarque pas de la politique économique du gouvernement précédent, ce qui aura pour effet la montée en puissance de la « gauche » syndicale, qui prend la tête des syndicats des transports et de la mécanique à la fin des années 1960. Au sein du NUM, le phénomène est identique et, en octobre 1969, de jeunes militants mineurs (dont Arthur Scargill), lancent une grève sauvage sur des revendications salariales. Des piquets volants ou mobiles sont établis. Cette nouvelle méthode de lutte s’avère être très efficace puisque la grève s’amplifie rapidement, implique 130 000 mineurs et aboutit à une victoire. Cette victoire permettra aussi à la gauche syndicale d’obtenir une modification des statuts du NUM en 1970 : le seuil pour le lancement de la grève nationale est réduit à 55 %.

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Un manifestant portant un masque de Margaret Thatcher en 1984

Photo : Rex Features

 

Les grèves de 1972 à 1974 

Il faut revenir au début des années 70, pour mieux comprendre l’acharnement de Margaret Thatcher et son gouvernement à vouloir asséner un coup fatal aux syndicats et aux mouvements ouvriers : « l’ennemi de l’intérieur ». le gouvernement conservateur d’Edward Heath reprend, les projets de lois de Wilson sur l’encadrement du droit de grève, ce qui permet au ministère du travail de décréter une période de conciliation sans grève (60 jours) ou de demander un vote lors d’ une proposition d’accord de sortie de conflit. Le gouvernement durcit aussi les sanctions contre les responsables des grèves sauvages. Pour toute réponse à ces mesures, les grèves se multiplient, puisque l’on passe de 2,8 millions de journées de grève en 1967 à 24 millions en 1972. Entre 1970 et 1974, Heath décrétera cinq fois l’état d’urgence pour faire face aux grèves  des mineurs (deux fois), des dockers (deux fois) et des salariés du secteur électrique (une fois). Il a aussi fait appel à l’armée contre la population – pour faire face à une grève massive des dockers. Ces grèves furent en grande partie victorieuses. Les électriciens réussir à arracher une augmentation de salaire de 13 %, et n’ont pas hésité à couper le courant à Buckingham Palace. L’apogée de cette vague de luttes fut la grève des mineurs de 1972. En 1971, le NUM lance une grève des heures supplémentaires, le gouvernement ne cédant pas, les syndiqués du NUM votent à 58% le lancement de la grève nationale, qui débutera en janvier 1972. En quelques jours, les transports de charbon, l’accès aux centrales électriques, les dépôts de charbon, sont quasiment tous bloqués. Les premières coupures d’ électricité, dues au manque de charbon, auront lieu le 10 Février pour les industries et le 16 Février pour les particuliers. Le 18 Février 1972, afin d’éviter la paralysie du pays, le gouvernement est contraint de satisfaire les revendications des mineurs. Mais les mineurs n’en resteront pas là car en Novembre 1973, la base impose à la direction du NUM le rejet de l’offre salariale venant de la direction des mines et la grève des heures supplémentaires. Le 04 Février 1974, 81% des mineurs votent la grève nationale qui débutera le 10 Février. Le gouvernement conservateur décide de dissoudre le Parlement afin d’organiser de nouvelles élections législatives. Les conservateurs seront battus et le gouvernement travailliste met fin à la grève en donnant satisfaction aux mineurs. En 1972 et 1974, les sondages d’opinion ont indiqué que la population soutenait la grève des mineurs, les conditions étaient réunies pour qu’un appel à la grève générale soit massivement suivi. Malheureusement le TUC (Trade Union Congress – Confédération unique des syndicats britanniques) n’en a pas donné la consigne, et le 09 janvier 1974, les dirigeants du TUC s’engagèrent auprès du gouvernement à ce que les syndicats n’utilisent pas les (éventuelles) concessions faites aux mineurs pour renforcer les revendications salariales des autres secteurs.

Après les grèves de 1972 et 1974, le gouvernement Travailliste tente de diviser les mineurs. En 1975, Margaret Thatcher, prend le contrôle du parti conservateur et en 1979, elle remporte les élections législatives. En 1977, un système de rémunération complémentaire lié à la productivité est mis au point avec la complicité de Joe Gormley (dirigeant du NUM), qui ne tiendra pas compte du vote défavorable de son syndicat. Ce système provoquera une différence de salaire en faveur des mineurs évoluant dans les puits les plus productifs. L’uniformité des grilles de salaires au niveau national en souffrira. Durant l’hiver 1978-1979, les bureaucrates syndicaux ne pourront empêcher les multiples grèves centrées sur des revendications salariales, chez les cheminots et les camionneurs. C’est aussi en 1979 que le nombre global de syndiqués atteint son apogée avec plus de 12 000 000 de travailleurs et de travailleuses adhérant à une organisation syndicale. Le nouveau gouvernement est décidé à en finir avec les syndicats, représentés en grande partie par le TUC auquel adhère le NUM. Les mineurs seront choisis pour cible, parce qu’ils sont un symbole fort pour la classe ouvrière anglaise et parce qu’ils doivent payer leurs grèves de 1972-1974 qui avaient fait chuter le gouvernement conservateur précédent. Les « tories » [les membres du Parti conservateur] n’oublièrent jamais et ne pardonnèrent jamais. L’opération est préparé quasi-militairement, le Chancelier (Ministre des Finances) du gouvernement Thatcher, Nigel Lawson, parlera d’une mobilisation gouvernementale comparable au « réarmement contre la menace de Hitler dans les années 1930 ». Privatisations et restructurations industrielles auront pour causes d’augmenter le nombre de demandeurs d’emploi. Jusqu’à la fin des années 80, le nombre de chômeurs ne cessera d’augmenter, il passera de 1,3 à 2,1 millions. L’année 1980 a démarré avec une grève nationale de 100.000 sidérurgistes qui allait durer quinze semaines. Les piquets ont fait figure d’exemple pour les mineurs. Mais, malgré l’obtention d’augmentations de salaire, les sidérurgistes n’ont pu empêcher certaines fermetures d’usines. En 1981, Arthur Scargill, leader de la « gauche » syndicale, devient dirigeant du NUM. La même année, les grèves sauvages des mineurs vont contrecarrer le plan de fermeture des mines décidé par le gouvernement britannique. Mais celui-ci met en place certaines mesures afin de se préparer à une confrontation avec les mineurs.

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La police assiège la ville minière de Cortonwood (South Yorkshire-1985)

 

Les grèves de 1984 à 1985 

La grève des mineurs britanniques qui dura de Mars 1984 à Mars 1985, fût le plus grand mouvement de contestation ouvrier en Grande-Bretagne depuis la grève générale de 1926, et sûrement un des plus violents conflits. Son issu en marquera à jamais les syndicats, la communauté ouvrière mais aussi l’industrie minière et sidérurgique. Plusieurs décennies après, la rancœur envers Margaret Thatcher persiste comme nous le montre Davey Hopper (leader du syndicat des mineurs du nord-est) : « Elle a introduit des changements dramatiques dans la façon dont nos communautés vivent. Désormais, nous sommes gangrenés par les problèmes sociaux… J’étais heureux de voir la disparition de cette femme en raison de tous les dégâts qu’elle a fait à notre industrie, à nos quartiers » (extrait de « Les acteurs de la grève des mineurs britannique de 1984-1985 racontent :  C’était une guerre de classe » Morning Star).
Durant la récession de 1981-1983, des stocks de charbon importants sont constitués. Ces stocks pourront palier à une grève totale des mineurs durant six mois. 11 000 policiers supplémentaires sont recrutés et un centre de crise est installé au New Scotland Yard. Avec des répercussions plus durables, une série de lois antisyndicales (« Employment Acts ») est adoptée entre 1980 et 1984. Les grèves « secondaires », de solidarité et pour « motifs politiques » sont déclarées illégales, les piquets de grève doivent être limités à six personnes, les aides sociales pour les familles de grévistes sont diminuées, les consultations par vote sont obligatoires avant toute grève, le gouvernement se donne le droit de saisir les fonds de solidarité des syndicats, de geler leurs comptes, et il met fin à l’immunité juridictionnelle des syndicats qui pourront payer de lourdes amendes si ces interdictions ne sont pas respectées. Le Baron Ridley, secrétaire d’Etat aux transports, organisera le stockage et l’acheminement de charbon « jaune ». Ian McGregor – un « casseur de syndicats » américain – a été nommé à la Direction des Charbonnages. En Septembre 1983, le congrès du TUC valide la ligne conciliatrice du « nouveau réalisme ». En 1984, le gouvernement est prêt à affronter les mineurs. L’offensive répressive contre les mineurs a été précédée par une attaque contre le syndicat des imprimeurs, le NGA. Le NGA a été trahi par le TUC (Trade Union Cuncil) qui avait renoncé à se battre contre les lois « anti-grève ».
Le 1er mars 1984, McGregor annonce la fermeture de Cottonwood, dans le Yorkshire. La réduction programmée de la production (alors que la fourniture d’électricité dépend à l’époque à 80 % du charbon) et la fermeture progressive d’une vingtaine de puits sur les 150 que compte la Grande-Bretagne. Ces fermetures représentant la destruction de plus de 20 000 emplois. Le «  plan Ridley  » est porté à la connaissance des mineurs : il prévoit la fermeture de 95 puits et le licenciement de 100 000 mineurs. Le 6 mars la grève éclate : les piquets volent de puits en puits dans le Yorkshire avec le soutien d’Arthur Scargill. La grève s’étend très vite à l’Écosse, au Kent, au Pays de Galles, au Durham et bientôt près de 150 000 mineurs sont en grève. En l’espace de quelques jours, 171 puits sont à l’arrêt. Quelques puits restent à l’écart de la grève, principalement ceux du Nothinghamshire, assurés par le gouvernement de leur maintien en activité car très rentable. La stratégie du NUM reposera sur trois points forts: Un soutien actif aux piquets de grève. La dénonciation des lois antisyndicales et le refus d’organiser un vote sur une grève nationale. La popularisation de la grève pour contrecarrer les accusations de Margaret Thatcher désignant les mineurs comme des « ennemis de l’intérieur », mais aussi d’une presse aux ordres décrivant Scargill, comme un bolchevique mégalomane. La bataille d’Orgreave va être un tournant décisif. Situé dans le Sud du Yorkshire, le dépôt d’Orgreave va être choisi par Scargill pour y concentrer ses «  flying pickets  ». Du 23 mai au 18 juin, 10 000 travailleurs (principalement des mineurs, mais aussi des cheminots et dockers) s’opposent à plusieurs milliers de policiers et tentent en vain de s’opposer à l’entrée et à la sortie des camions chargés de coke.
« Ce jour-ci à Orgreave, tout était prévu » raconte Ken. « Ils ont emmené les gars là-bas, en nous disant : ‘allez-là bas les gars, mettez-vous dans le champ là-bas’. Nous n’avions pas compris à l’époque ce qui allait se passé mais on a vite réalisé ». « Ils nous ont dérouillé. Vous avez vu les images, les gars en T-shirts. C’était effrayant. Ils ont bouclé le champ, il y avait plus de policiers qu’en temps normal et ils allaient en ville. Ils ont bloqué les entrées et les sorties. Tout à coup, ils ont sorti leurs boucliers et on a compris ce qui allait se passer. Ils étaient comme des animaux. J’avais beaucoup de respect pour la police auparavant, mais ce jour-ci j’aurais pu les tuer. Ils nous ont tué ». Ken a transporté son beau-père hémophile à travers le champ pour empêcher une hémorragie fatale. « C’était une guerre sur le champ, les rangs se sont ouverts et ce fut au tour de la cavalerie. Ils ont chargé. Je ne sais pas combien furent blessés – il y avait beaucoup de camarades couverts de sang. Cela ressemblait à un champ de bataille.  Je luttait pour mon boulot, et c’était devenu une guerre de classe. » » (Extrait de « Les acteurs de la grève des mineurs britannique de 1984-1985 racontent :  C’était une guerre de classe » entretien de Ken Radford dans le Morning Star).

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« Bataille d’Orgreave »

 


Le 18 juin, les affrontements avec la police montée sont extrêmement violents faisant plus de 70 blessés. 93 piquets de grève sont interpellés. Arthur Scargill lui-même, est arrêté. Sur les pancartes des grévistes on pouvait lire «  Turn Orgreave into Saltley  » («  Faire d’Orgreave un nouveau Saltley  »). Mais à la différence de 1972 avec Saltley, la bataille est perdue et le dépôt d’Orgreave reste ouvert. La répression va s’intensifier. Les villes et les quartiers des mineurs sont occupés par la police. À la fin du mouvement, en 1985, on dénombre 20 000 blessés, 11 000 arrestations, un peu plus de 8 000 condamnations et 200 militants restent emprisonnés. Après la Bataille d’Orgreave, le Parti travailliste n’hésite pas à dénoncer publiquement les violences «  d’où qu’elles viennent  ».
Cependant, un premier tournant a lieu avec la défection de certaines unions régionales, dans le Nottinghamshire et les Midlands (les puits sont plus rentables et ne sont pas directement menacés de fermeture). Elles organisent des scrutins régionaux autour du 17 mars qui se prononcent contre la grève. Les mineurs sont ainsi divisés, avec une majorité des deux tiers en grève, et une minorité d’un tiers qui reprend le travail. La direction du NUM prend acte de la défection d’un tiers des mineurs et réoriente les piquets volants vers le blocage des centrales thermiques et des sites sidérurgiques. Même si la situation varie selon les lieux, les piquets volants ont une efficacité limitée et souvent, les salariés des centrales thermiques et des sites sidérurgiques franchissent les piquets quand l’accès du site est dégagé par la police. Si les cheminots et les camionneurs syndiqués refusent de transporter du charbon, le recours massif à des chauffeurs non syndiqués limite fortement l’efficacité de ce soutien. Margaret Thatcher est déterminée à gagner cette guerre de classe : « Nous avons eu à combattre l’ennemi de l’extérieur aux Malouines. Nous devons également être conscients de l’ennemi intérieur, qui est à la fois beaucoup plus difficile à combattre et beaucoup plus dangereux pour la liberté» (19 juillet 1984). En juillet 1984, le syndicat des « porions » (les contremaîtres des mines), annonce qu’il se prépare à la grève. Hélas, les tractations en coulisses ont raison de la grève des contremaîtres. En décembre 1984, la justice prononce la saisie de tous les biens du NUM, effective au début de l’année 1985. La direction du NUM contacte celle du TUC pour solliciter un soutien financier. Dès lors le TUC gère la «  négociation  » avec le gouvernement thatchérien. Le 27 février, la direction de NCS annonce que le seuil des 50 % de mineurs non grévistes est franchi. Enfin, Le 3 mars 1985, les délégués du NUM votent la reprise du travail par 98 voix contre 91. La grève des mineurs de 1984-1985 n’a pas réussi à empêcher la fermeture progressive de la quasi-totalité des puits britanniques. Au début des années 2000, il restait un peu plus de 10 000 mineurs en Grande-Bretagne et moins de 20 puits.

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Femmes soutenant les mineurs en grève (1984)

Photo: Don Mcphee

 

Les femmes contre les fermetures de puits

Les femmes de mineurs créent leur mouvement, «  Women against pit closures  » («  Femmes contre les fermetures de puits  »), qui rassemble près de 10 000 adhérentes et organise une manifestation de femmes à Londres le 11 août 1984. « Women against pit closures » est une réponse que les femmes de mineurs font à Margaret Thatcher, qui était persuadée que l’intérêt personnel l’emporte toujours sur la solidarité. Elle pensait que la grève des mineurs de 1984-1985 s’arrêterait rapidement grâce aux pressions des femmes sur leurs maris mineurs. Rose Hunter, du groupe de soutien des mineurs du North Staffordshire (North Staffordshire Miners’ Support Group), raconte ce qu’elle a vécu: « Thatcher pensait que les femmes allaient convaincre les hommes de reprendre le travail. Pas question. On ne s’en prend pas comme ça à notre communauté, nos camarades, nos sœurs. Nous nous sommes, donc, organisées » . C’est ainsi que naîtra, le « Women Against Pit Closures » (WAPC), organisé avec une détermination des plus impressionnante pour des non initiées aux actions militantes. Des groupes de femmes ont émergé et sont apparus dans tous les villages de mineurs. Les femmes, qui, au début, ne s’occupaient que de la distribution de repas, se sont rapidement politisées et avaient un rôle très actif durant le conflit. Elles manifestaient, militaient, recueillaient les dons et participaient aux piquets de grève aux côtés des hommes. Ces femmes devaient affronter les violences et le harcèlement sexuel de la part de la police, qui les appelait « les salopes de Scargill ». Elles créèrent des liens avec d’autres groupes  victimes d’oppressions, elles se rendaient en Irlande du Nord et accueillaient les groupes gay et lesbiennes de soutien aux mineurs (LGSM) qui venaient rejoindre les grévistes. Les femmes des Midlands racontaient que les communautés asiatiques avaient versé des contributions à la caisse de soutien des grévistes après avoir vu les brutalités policières que les mineurs subissaient, semblables aux violences policières dont ils étaient victimes. Et lorsque les travailleurs asiatiques de l’usine de confection de vêtements (Kewal Brothers) à Smethwick avaient débrayé, en 1984, 150 femmes et mineurs étaient allés les soutenir. Pendant cette grève les femmes avaient connu les moments les plus passionnants de leur vie. Beaucoup auront un souvenir amer de l’issue de ce conflit, mais resteront fiers des actions qui ont été menées  et du rôle des femmes.  Pour beaucoup de femmes, cette grève a fait leur éducation politique, elle leur a donné l’occasion de voyager, de rencontrer des personnes dont elles ns soupçonnaient pas l’existence, d’apprendre à s’exprimer en public et de prendre de l’assurance. Après la grève, de nombreuses femmes ont continué à s’investir dans les mouvements sociaux, d’autres ont vu leur vie bouleversée : elles ont quitté leur mari, ont repris les études et ont trouvé un emploi par elles mêmes. Pour de nombreuses femmes de la classe ouvrière, cela leur a permis de changer de vie.
«  Les hommes comme les femmes ont été transformés par la grève, mais plus particulièrement les femmes. Elles faisaient le tour du pays pour parler dans des réunions publiques à des centaines de personnes, alors qu’elles n’étaient jamais allées bien plus loin que la porte des écoles ou du marché auparavant. Elles ont été amenées à rencontrer toutes sortes de gens dont elles ne soupçonnaient pas l’existence, pas juste les gays, elles rencontrèrent des républicains irlandais, les membres de communautés noires, des personnes auxquelles elles n’avaient jamais pensé auparavant » (Extrait de l’Interview de Ray Goodspeed, l’un des membres fondateurs de LGSM, par Colin Wilson pour RS21 – Revolutionary socialism in the 21st century) . Le WAPC est toujours actif aujourd’hui, son dynamisme et la solidarité entre les femmes de ces groupes est bien toujours vivante !

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Lesley Boulton, du WAPC de Sheffield, lors de « la bataille d’Orgreave » (Juin 1984)
Photo : John Harris (Report Digital)

 

 

Lesbiennes et gays en soutien aux mineurs 

Alors que la communauté LGBT londonienne était menacée par la violence de la police et la propagation rapide du sida, le mouvement « Lesbiennes et gays en soutien aux mineurs » (LGSM – Lesbians and Gays Support the Miners) ira chercher des possibilités politiques au-delà de la communauté gay. Un mois avant le début de la grève des mineurs, une descente de police dans la librairie « Gay’s the Word » (la boutique servait de quartier général au groupe LGSM de Londres) confirma l’idée que différentes communautés dans tout le pays étaient la cible de la répression du gouvernement Thatcher. « Les douanes avaient fait une descente à « Gay’s the Word », parce que celle-ci vendait des romans contraires à la décence, pas pornographiques, juste vulgaires, des romans plus ou moins SM comme « Cum » (Gicle) etc. Et c’est bien ainsi que la police fit une descente à « Gay’s the Word » et emportèrent tout le stock. Un événement qui serait aujourd’hui inconcevable » (Extrait de l’Interview de Ray Goodspeed, l’un des membres fondateurs de LGSM, par Colin Wilson pour RS21 – Revolutionary socialism in the 21st century). Mark Ashton, fervent militant LGSM et ouvertement communiste, prévoyait que la défaite du syndicat des mineurs n’augurerait rien de bon pour les gays et les lesbiennes. Lors d’une interview il déclara que défendre le mouvement des mineurs c’était également défendre les droits des gays et des lesbiennes, parce qu’une fois que les syndicats seraient détruits, « plus rien ne s’opposerait à la répression ». Une vidéo produite en 1985 par LGSM nous explique qu’ils ont intégré le socialisme aux préoccupations politiques spécifiques de la communauté gay et lesbienne de Londres, à l’affirmation politique de leur sexualité et que dans le même temps ils ont intégré ces revendications aux préoccupations politiques des syndicats.
« Le raisonnement du Parti Communiste revenait à parler de deux communautés, qui étaient toutes deux sous le coup des attaques du gouvernement. Les mineurs et les gays sont les victimes de la répression policière. C’est la solidarité qui doit nous animer avant tout. En ce qui nous concernait, nous les « Trots », nous avions plus un discours de classe, les homos et les mineurs faisaient partie de la classe ouvrière, si les mineurs perdaient, c’était toute la classe ouvrière qui en pâtirait. La plupart d’entre nous étions des syndicalistes actifs, et par conséquent nous faisions partie du mouvement ouvrier de toute façon. Le mouvement des Jeunesses Communistes et Mark étaient en plein dans leur phase « eurocommuniste », c’était une question de communautés juxtaposées. Il s’agissait de construire une alliance arc-en-ciel entre les femmes, les gays, les noirs et aussi la classe ouvrière. Je rechignais en partie devant ce raisonnement. Pour moi il s’agissait plutôt de différentes catégories appartenant à la même classe. Un jour où je présidais une réunion à la mairie du quartier de Lambeth à Londres, j’avais déclaré « n’avoir jamais été aussi fier d’être gay, et n’avoir jamais été aussi fier aussi d’appartenir à la classe ouvrière ». Mes deux identités étaient réunies, ce que je n’aurais jamais cru arriver un jour. Mike Johnson expliquait qu’aller à Dulais était comme rentrer chez soi, entrer dans une communauté ouvrière et se sentir tout à fait accepté. Cela était vrai pour beaucoup de gens participant à la campagne, être amené au cœur même des communautés ouvrières avait eu un profond impact, parce qu’il s’agissait de notre camp social et du fait de ce qui s’était passé avec nos familles » (Extrait de l’Interview de Ray Goodspeed, l’un des membres fondateurs de LGSM, par Colin Wilson pour RS21Revolutionary socialism in the 21st century).

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Affiche du concert de soutien : « Pits and perverts » – le 10 décembre 1984

 

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« Badges » –  De The Peoples History Museum

 


Le gouvernement Thatcher avait mis sous séquestre les fonds du Syndicat National des Mineurs (NUM), il était donc inutile pour les personnes qui désiraient venir en aide aux grévistes d’envoyer des dons au syndicat national. C’est pour cette raison que des groupes de soutien à travers le Royaume-Uni ont été encouragés à se « jumeler » avec les différentes communautés minières en Angleterre, en Écosse ou au Pays de Galles. Lesbians and Gays Support the Miners  (de Londres) a été formé en Juillet 1984 par Mark Ashton et son ami Michael (Mike) Jackson, alors qu’ils avaient recueilli des dons pour les mineurs à la Lesbian and Gay Pride de Londres. Il était constitué de onze membres, six mois plus tard il était passé à cinquante membres. Ils se jumelèrent avec les groupes de soutien aux mineurs des vallées de Neath, Dulais…  Le groupe focalisa sa priorité sur l’aide aux puits de Galles du Sud, car il pensait que le président du NUM, Arthur Scargill, redistribuait injustement les dons aux puits les plus militants ( Kent et Yorkshire). Outre le fait d’avoir pu récolter environ 20 000 £ pour les familles de grévistes, il y eut des visites de part et d’autre. Le concert caritatif « Pits and perverts gig » (Concert des Puits de mines et des pervers) du 10 décembre 1984 (avec Bronski Beat en tête d’affiche), fut l’événement le plus important que LGSM Londres organisa à l‘Electric Ballroom (Camden Town – Londres). Ils y récoltèrent 5 650 £ ! Lors de ce concert un mineur gallois, David Donovan, y déclara : « Vous avez gagné votre badge « Cole not dole » (Du charbon pas le chômage), et vous connaissez le sens du mot harcèlement, comme nous. Maintenant nous porterons votre badge sur nous, nous vous soutiendrons. Les choses ne changeront pas en une nuit mais maintenant 140 000 mineurs savent qu’il y a d’autres causes et d’autres problèmes. Nous savons pour les noirs, les gays et le désarmement nucléaire. Et nous ne serons jamais plus les mêmes » (extrait de « 1984-85 : Lesbian and gay miners’ support group »). Cette solidarité qui naquit entre  lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres  (LGBT) et le mouvement ouvrier  marquera un tournant décisif dans l’évolution des questions LGBT au Royaume-Uni. Les mouvements de mineurs se mirent à soutenir, approuver et à participer à diverses Lesbian and Gay Pride à travers le Royaume-Uni . Le groupe de soutien des femmes de mineurs de Notts, à qui LGSM de Londres avait envoyé 250 £ en décembre 1984, écrivait : « J’écris au nom du Groupe de Soutien des Femmes de Notts pour vous exprimer notre gratitude pour le soutien et la solidarité que vous avez montré en formant le Groupe de Lesbiennes et de Gays de Londres « Soutenez les Mineurs ». Nous vous envoyons également notre solidarité totale et notre soutien dans la lutte contre toutes les formes d’oppression et de préjugés basés sur la sexualité. Nos luttes font parti, et sont des parcelles, du même combat. Nous vous sommes particulièrement reconnaissantes de nous avoir constamment tenu informées de vos activités et d’avoir contribué matériellement au soutien de groupes afin que la lutte puisse continuer jusqu’à la victoire » (extrait de « 1984-85 : Lesbian and gay miners’ support group »). En 1985 à la conférence du Parti TravaillisteBournemouth), une résolution engageant le parti à soutenir l’égalité des droits des LGBT a été validée pour la première fois grâce à un vote de soutien massif des adhérents du NUM.

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Membres du groupe LGSM de Londres, dont : Ray Goodspeed (à droite) et Mike Jackson (second en partant de la gauche)

 


Mark Ashton est mort des suites du SIDA en 1986, à 26 ans. «  Tous les mineurs étaient de retour pour son enterrement. Nous avons sorti les banderoles, la fanfare et tutti quanti. Nous sommes allés au cimetière. Si vous pensiez que la Gay Pride de 85 était émouvante, vous auriez dû assister à l’enterrement. Il y avait des mineurs et leurs femmes en sanglots. Sa mort était comme un coup final porté au cœur, même pour ceux qui n’étaient pas d’accord avec ses opinions politiques » (Extrait de l’Interview de Ray Goodspeed, l’un des membres fondateurs de LGSM, par Colin Wilson pour RS21 – Revolutionary socialism in the 21st century). Il n’a jamais pu constater l’exactitude de ses prévisions après la victoire du gouvernement Thatcher, ni de l’impact à long terme de la campagne de solidarité des groupes LGSM. Quand la grève des mineurs s’est terminée par la victoire de Margaret Thatcher, le gouvernement conservateur s’en est pris à la communauté gay et lesbienne en votant, en 1988, la très homophobe « Section 284 » (ou « Clause 28 » – NDLR : Cette législation interdisait aux collectivités locales de promouvoir l’homosexualité), malgré l’opposition virulente d’une coalition qui incluait le NUM.
« Pendant un an nous avions répété « si les mineurs perdent, nous perdrons tous ». Aucun d’entre nous n’avait idée combien c’était vrai. Dans les trente dernières années nous avons été détruits. Aujourd’hui nous ramassons les morceaux. Il nous semble être revenu en 1880, au temps de William Morris ( NDLR : Artiste et activiste, membre fondateur de la Socialist League ) et Keir Hardie (NDLR : Socialiste écossais, premier travailliste élu au Parlement de Westminster ) , on repart à zéro. On doit revenir à des concepts de base sur les syndicats et la solidarité » (Extrait de l’Interview de Ray Goodspeed, l’un des membres fondateurs de LGSM, par Colin Wilson pour RS21 – Revolutionary socialism in the 21st century).

LGSM

Des membres du groupe LGSM et les mineurs  au Welfare Hall à Dulais Valley (Pays de Galles)

Photo: People’s History Museum, Manchester/LGSM Archive

 

A qui la faute ?

Le gouvernement Thatcher c’était très bien préparé à affronter les mineurs, mais lorsque l’on y regarde de plus prêt on s’aperçoit que les grévistes étaient soutenus par une grande partie de la population du Royaume-Uni sans compter les aides internationales. La solidarité est très importante, les groupes militants d’extrême gauche, prennent le parti des mineurs, des dizaines de milliers de socialistes et de syndicalistes organisèrent des actions de solidarité, des manifestations et collectèrent des fonds. Malgré la propagande de la télévision et d’une presse quotidienne qui reprenait les leitmotiv du gouvernement de Margaret Thatcher, les grévistes furent soutenus par au moins un tiers de la population britannique. Certains prétendent que les mineurs auraient pu gagner, des documents du Conseil des ministres publiés au début de l’année 2014 prouvent la crainte du gouvernement d’être sur le point de perdre en juillet et août 1984. Mais alors quelles sont les autres causes de cette défaite ?
Au début du conflit, de nombreuses occasions se présentèrent pour que d’autres corporations puissent se joindre à la grève des mineurs. Malheureusement, les tentatives de grèves de juillet 1984 chez les dockers et les cheminots sont brisées dés le départ par le gouvernement et la bureaucratie du TUC. Aucun mot d’ordre d’appel à la grève, pour soutenir les mineurs, n’a été lancé. Pourquoi ne pas avoir transformé le soutien et la solidarité de la population en grève de solidarité ? Pourquoi ne pas avoir élargit le conflit des mineurs aux revendications des autres secteurs clés de l’économie comme : les ports, les chemins de fer, l’électricité et l’industrie sidérurgique ? Les dirigeants du TUC n’eurent pas l’intention de braver la loi qui interdisait les grèves de solidarité. Le mot d’ordre de ne pas franchir les piquets de grève volants, ne fut jamais lancé! Les dirigeants des syndicats de l’électricité et de la sidérurgie s’en sont pris violemment à ces mêmes piquets. La plupart des dirigeants syndicaux connurent une évolution « droitière » depuis 1979 et le concept de « nouveau réalisme » faisait de plus en plus d’émules. Pour les adeptes du « nouveau réalisme », les grèves n’étaient pas concevables car elles réduisaient les chances du Labour Party de remporter les élections. Les directions des syndicats des transports (cheminots, routiers, dockers) quand à elles, apportèrent leur soutien aux grévistes en refusant de transporter du charbon, et en venant en aide aux mineurs sur les piquets. Néanmoins ils n’ appelèrent pas à la grève, excepté lors de quelques journées d’action. Neil Kinnock, le dirigeant du Parti Travailliste, n’a pas soutenu non plus les grévistes et Il participera même à la campagne médiatique ordurière contre les grévistes. Arthur Scargill a commis des erreurs graves, l’une d’entre elles est d’avoir fait croire aux mineurs qu’ils pourraient gagner seuls et qu’il n’était pas nécessaire de s’adresser à la direction du TUC. Scargill, n’ira pas au-devant des autres secteurs professionnels comme il avait pu le faire dix ans plus tôt. Lors de la grève des dockers en juillet 1984, il ira même jusqu’à déclarer : « La grève des dockers est la grève des dockers, la grève des mineurs est la grève des mineurs ». Scargill a aussi commis l’erreur d’orienter les piquets volants contre les mineurs non grévistes sans essayer de les convaincre. Il n’aura rien fait non plus pour motiver l’auto-organisation des mineurs afin d’œuvrer à la propagation de la grève. Peu avant le dénouement de la grève (le 4 février 1985), Ned Smith, le directeur des «industrial relations» du NCB, expliquait sur Channel 4, que le tournant pour « les tories » n’avait pas été d’avoir réussi à briser la grève de la majorité des mineurs dans le Nottinghamshire, mais l’incapacité du TUC à stopper le mouvement « jaune » dans le charbon et le pétrole.
« A l’époque, Ken sentait qu’il luttait aux côtés de milliers comme lui pour essayer de donner à sa famille et à sa communauté un avenir. Il baisse la tête lorsqu’il lance : « nous aurions gagné si les jaunes n’avaient pas tout cassé ». Il ne parle toujours pas aux jaunes qui vivent encore dans le coin. » (Extrait de « Les acteurs de la grève des mineurs britannique de 1984-1985 racontent :  C’était une guerre de classe » entretien de Ken Radford dans le Morning Star).

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Sources :

– « 1984: la grève des mineurs qui aurait pu battre Thatcher » par Théo Rival http://alencontre.org/societe/histoire/1984-la-greve-des-mineurs-qui-aurait-pu-battre-thatcher.html

«1984 : les mineurs britanniques défient la Dame de fer » par Sheila McGregorhttp://www.alternativelibertaire.org/?1984-les-mineurs-britanniques#nh4

« La grève des mineurs britanniques de 1984-1985 » par Greg Oxleyhttp://www.lariposte.org/2014/06/greve-mineurs-britanniques-1984-85/

« 1984: La grande grève des mineurs britanniques » par Alan Thornetthttp://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=599:1984-la-grande-greve-des-mineurs-britanniques&option=com_content&Itemid=53

– « Les mineurs anglais : ascension et déclin d’une avant-garde vaincue par la bourgeoisie » par Gaston Lefranchttp://groupecri.free.fr/article.php?id=460

– « Les acteurs de la grève des mineurs britanniques de 1984-1985 racontent: « C’était une guerre des classes » » par le Morning starhttp://www.solidarite-internationale-pcf.fr/article-les-acteurs-de-la-greve-des-mineurs-britannique-de-1984-1985-racontent-c-etait-une-guerre-de-cla-117180614.html

– « Margaret Thatcher ne s’y attendait pas, mais ce sont les femmes de mineurs qui ont dynamisé la grève de 1984 » par Dawn Foster http://www.legrandsoir.info/margaret-thatcher-ne-s-y-attendait-pas-mais-ce-sont-les-femmes-de-mineurs-qui-ont-dynamise-la-greve-de-1984-the-guardian.html

– « Community, Politics and Gender: Women’s involvement in the South Wales Coalfield during the 1984-85 Miners’ Strike » par Rhian Greaveshttps://publishistory.wordpress.com/2013/07/22/community-politics-and-gender-womens-involvement-in-the-south-wales-coalfield-during-the-1984-85-miners-strike/

«Pride, quand les gays londoniens soutenaient les mineurs en grève » par Kate Redburn  http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=4605

– « 1984-85 : Lesbian and gay miners’ support group » – https://libcom.org/history/1984-85-lesbian-gay-miners-support-group

– « Tendres amours entre camarades : l’idéologie politique du mouvement « Lesbians and Gays Support the Miners »http://www.npa32.fr/spip/spip.php?article974

John Hirsute

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