Gilles Servat

Gilles Servat – Fougères (35) – Le 24/08/2014 :

Un bien bel après-midi que ce dimanche là à Fougères, le soleil est au rendez-vous et cette petite place au pied du château a beaucoup de charme. Le public est déjà présent, puisque sur la scène (un camion ouvert sur le côté), deux musiciens, dont je ne connais pas le nom puisque je suis arrivé en cours de spectacle, revisitent des airs traditionnels du folklore celtique et nous font partager quelques unes de leurs compositions. Les instruments varient au fil des titres : harpe celtique, flûte traversière, vielle, santour (sorte de cymbalum en forme de trapèze, qui aurait son origine avant le XIIéme siècle), ainsi qu’une bande son où la guitare pose le rythme. Gigues, Reel, Ballade, s’enchaînent même si comme le précise un des musiciens, ils apprécient plus particulièrement les tempos lents. Un agréable moment passé, avec ce duo, à découvrir des sonorités encore jusque là inconnues.

Dans la foulée, Gilles Servat (guitare et chant) et ses musiciens : Philippe Turbin au clavier et Yannick Noguet à l’accordéon, s’installent. Pas de balance, les réglages se feront pendant les deux premiers titres : « l’hirondelle » et « je dors en Bretagne ce soir ». On apprend que cette dernière a été écrite en voiture, alors que Gilles Servat rentré d’un spectacle donné à Paris. Il faut vous dire qu’il a la parole facile, et même certaines fois doit se refréner afin de passer au titre suivant. C’est sur une musique traditionnelle irlandaise que : « C’est mon gars », fut composé comme cadeau de Noël 2010 pour son fils, Edern. On reste en Irlande avec « la maison d’Irlande », puis l’on traverse l’atlantique avec « Bleuenn » écrit pour sa fille (qui se nomme Bleuenn, étonnant, non ?) lorsqu’elle avait sept ans. « Le cul cousu d’or » est une adaptation de « The wild rover », ballade irlandaise considérée comme une chanson à boire. L’histoire d’un vagabond, qui lorsqu’il revient avec de l’argent est accueilli à bras ouverts ! Le public participe avec des claquements de main puis en criant « Whisky », moment plutôt épique lorsque les claquements de main sont décalés ou plus nombreux que souhaité ! Enchaînement des plus subtiles avec « Les prolétaires », un tire de 1972, qui a été réadapté pour son dernier album. « …Ils s’en iront à la ville
Tralalalalère. On les mettra à l’usine. On manque toujours de prolétaires », les dernières phrases du refrain reprisent en chœur par le public. S’en suit, « Le moulin de Guérande », texte plus poétique et « En 62, quand elle est née ». Un texte sur sa femme Rozenn, écrite pour ses 50 ans, où Gilles Servat nous dépeint aussi sa jeunesse. Une petite pause pour le chanteur, ce sera un instrumental où Yannick Noguet et son accordéon ont la part belle. Un autre titre tiré de son dernier album : « sur le front des bénévoles », en hommage à tout ces bénévoles sans qui beaucoup de festivals et autres organisations culturelles n’existeraient pas ! Et je rajouterai même une « certaine culture » n’existerait PAS, non plus. « sans d’mander la permission »,nous incite à ne pas abandonner la lutte de la vie : « nous-mêmes, nous-mêmes, mieux vaut l’aventure que la mort ». « La forêt sur la rade », nous décrit un paysage de mâts et vieux gréements, ceux du festival « les tonnerres de Brest ». Pour l’occasion, les chanteurs invités au festival devaient composer un titre ayant un rapport avec « Les tonnerres de Brest », seul Gilles Servat le fit ! Juste avant les rappels : « la blanche hermine » reprise en chœur. La première fois où Gilles Servat a chanté « la blanche hermine » ce fut à Fougères même. « Me zo ganet e kreiz ar mor » (« je suis, moi, au milieu de l’océan »), est un texte de Jean-Pierre Calloc’h, auteur originaire de l’île de Groix né en 1888 et tué pendant la guerre 14-18 fauché par un obus ! Un petit cours de « Bretonnismes » (Hervé Lossec) avant d’interpréter : « C’est ça qu’on aime vivre avec ». Nous aurons appris, entre autres, ce qu’est un « Adam » si souvent commandé dans les bars nantais les matins de marché. Vous aimeriez bien savoir de quoi il est question ? Et bien demandez-vous qui est Adam ??? C’est ça vous avez trouvé : le premier homme ou « le premier rhum ». Un autre air traditionnel irlandais, adapté en français, mais celui-ci vous le connaissez car il a été interprété par The pogues : « dirty old town », devenu « vieille ville de merde ». Cette soirée s’acheva par « je vous emporte dans mon cœur » et les deux dernières strophes résonnent encore sur les remparts du château : « Et nous serons encore ensemble Si vous pensez un peu à moi ».

Gilles Servat nous a encore démontré, qu’il n’avait pas perdu sa voix , quel coffre ! et que ses textes qu’ils soient d’une autre époque ou actuels, sauront toujours nous toucher. Qu’ils soient révoltés, ou empreints d’amour…d’amitié, ils ne seront jamais démodés. Nous serons encore longtemps ensemble.

John Hirsute

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